Studio de projet « Aux commandes dans le péri-urbain ! »

Type : Projet obligatoire au choix
13 étudiants
Cycle, année : master, 1ère et 2ème année
Ensa Paris-Malaquais

Studio créé et encadré par :
Loïse Lenne, maîtresse de conférences associée, architecte DE HMONP et docteure en architecture
Joanne Vajda, maîtresse de conférences, architecte DPLG et docteure en histoire

Actualités / Informations :

Les projets des étudiants ont été présentés à la Maison de l’architecture lors d’un débat organisé par Inta : Territoires et Santé, le 24 janvier à la maison de l’architecture.

Voir le résumé ici.

Fiche de l’enseignement :

Objectifs pédagogiques

Pour construire des projets, les architectes doivent répondre à des commandes, par rapport auxquelles ils doivent  aussi être en mesure de construire une posture critique. Une commande ne représente pas simplement un programme, lequel ne se réduit pas à des surfaces et à une fonction. Dans ce studio, on considérera cette notion dans toute sa complexité : un site – inscrit dans un territoire –, des besoins, des demandes explicites et implicites, des clients et des usagers, une enveloppe financière et, plus largement, une économie matérielle, un environnement technique, des processus de réalisation et une temporalité, un cadre juridique et réglementaire, des entreprises, etc.

Pour développer une capacité à concevoir dans ce cadre contraignant, il faut interroger la pertinence et le potentiel de la commande, non seulement au regard des données initiales, mais aussi des contextes culturels, sociaux, politiques, techniques, matériels et économiques. Ceci permet aux étudiants de comprendre comment s’inscrire dans un système existant tout en interrogeant les limites et ses propres marges de manœuvre, mais aussi comment réagir aux aléas en se positionnant comme un acteur engagé de la conception et de la construction.

Cette réflexion sera mise en œuvre dans le cas d’un projet architectural concret, qui devra être défini en fonction de toutes ces données et mené de façon autonome, aussi bien dans ses rapports au territoire que dans la faisabilité du bâtiment et ses détails constructifs. Elle sera rendue possible par le choix d’une commande située dans un territoire périurbain d’Île-de-France, dont la proximité permettra d’établir un dialogue avec les instances locales et les habitants et, plus largement, de comprendre le cadre de la conception architecturale et urbaine en France et la diversité des métiers de l’architecture, des approches et des modes d’exercice.

Contenus

Devenu un enjeu idéologique et politique, le périurbain (terme issu d’une nomenclature proposée par l’INSEE en 1996) représente la caricature de l’étalement urbain, qui participe largement à la dégradation des paysages. Au début des années 2000, un tiers des communes françaises appartient à une couronne périurbaine, où habite un quart de la population française. Aujourd’hui, l’habitat individuel est le principal moteur de la densification et de l’extension de ces espaces où les décideurs se trouvent souvent désarmés devant les enjeux auxquels ils doivent faire face.

Partant de ces constats, les architectes doivent pouvoir intervenir dans ces territoires entre banlieue et campagne, avec une approche qui ne pourra se satisfaire d’un rapport hors-sol mais devra s’ancrer fortement, de manière minutieuse et pragmatique, dans une réalité économique, géographique, sociale, culturelle et technique.

Le studio est donc organisé à partir d’une situation périurbaine en Île-de-France, liée aux conditions actuelles de la commande à laquelle tout architecte peut être confronté. À travers le cas d’un édifice mêlant des enjeux publics et privés, on s’interrogera : comment répondre à une demande plus ou moins bien formulée par un maître d’ouvrage ? De quelles marges de manœuvre dispose-t-on ? Comment aborder une commande et son programme donné en s’interrogeant sur ses limites et ses potentiels ? Ce cadre résolument réaliste et les contraintes qui lui sont associées seront interrogés comme véritables vecteurs de création et non comme des freins.

Évaluer la pertinence d’une commande, avoir les moyens de dialoguer avec des élus peu formés à la transformation du territoire et soumis à la pression de la promotion privée, connaître les intervenants sur lesquels il est possible de s’appuyer pour défendre un projet, être capable de proposer une approche architecturale responsable d’un point de vue économique, social, culturel et environnemental et en adoptant une position critique face à l’évolution des modes de vie, aux nouveaux usages liés à la mobilité et à la densité urbaine, aux enjeux matériels et économiques, valoriser un savoir-faire local, artisanal : telles sont les principales qualités que les étudiants devront développer dans le cadre de cet enseignement.

Chaque étudiant développe sa proposition en deux temps. Dans un premier temps, il répond à la commande donnée par une proposition détaillée qu’il présente au milieu du semestre. Dans un second temps, un imprévu bouleverse l’équilibre trouvé. Chaque étudiant affine alors son projet en réagissant à une situation qui l’oblige à le faire évoluer en fonction de nouvelles contraintes (un changement de programme ? une évolution du budget ?). On engage ainsi les étudiants à réagir mais surtout à apprendre à hiérarchiser les enjeux, à s’interroger sur ce qui est essentiel dans leur projet et à ne pas transiger sur la qualité architecturale et urbaine.

Les questions économiques, les aspects constructifs et la matérialité du projet font partie intégrante de la conception. Des compétences extérieures seront sollicitées aux divers stades de la réflexion : un programmiste, un bureau de contrôle, des ingénieurs, etc.

Cette approche permettra aux étudiants de s’investir dans ces territoires périurbains en portant un regard avisé sur leur indispensable transformation.

Image de couverture : photo de J. Vajda, 2018